Un voyage idyllique à Kiribati

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Henri Eskenazi, Chirurgien-dentiste, photographe et plongeur professionnel, il est aujourd’hui de retour pour un récit inédit, sur une île magnifique au coeur du Pacifique.

La découverte d’un lieu insolite

Je suis à Kiritibati, le plus grand atoll du monde et peut-être le plus ancien, coincé entre lagon et océan. L’horizon est partout.

Cette ancienne île Christmas, appartient à la république des Kiribati (33 îles réparties entre îles Gilbert, îles Phoenix et îles de la Ligne) dont la capitale est Tarawa-Sud dans l’archipel des îles Gilbert, à 3300 km d’ici (4 heures de vol). Kiribati est située dans l’archipel des îles de la Ligne, au nord-ouest des Marquises, à 187 km au nord de l’Equateur.

Au départ du chef-lieu London, nous mettons trois heures en « Pick-up » pour rejoindre le village abandonné de Paris, de l’autre côté de la passe « la Manche » … Les missionnaires entre les deux guerres, dont le père Emmanuel Rougier, ont ici reconstruit l’Europe. Les trois autres villages ont reçu le nom de Tabakea, Banana et Poland, ce dernier très isolé, sans doute pour faire bonne mesure car le directeur de la plus grande plantation de cocotiers (800 000) était originaire de Pologne.

Danse avec les requins

Aujourd’hui, les requins sont en fête. A moins qu’ils n’aient faim. Tandis qu’une volée de poissons bigarrés s’égayent en tout sens, une foule de petits « pointes noires », dont la plupart mesure moins d’un mètre, s’agitent le long de la passe. Je regarde, fasciné, le manège des squales. L’un d’eux dévore sous mes yeux un poisson que je n’ai même pas eu le temps d’identifier.

Plus loin, la houle de l’océan Pacifique, sur ces atolls qui émergent à peine, agit sans ménagement, troublant l’eau et rendant la navigation difficile comme en témoignent les épaves échouées ici ou là. Les Gilbertins ne sont d’ailleurs ni marins, ni plongeurs. Pourtant les fonds regorgent de poissons et de langoustes, comme je peux le vérifier chaque fois que je me balade dans le lagon.

Plus qu’un voyage, une mission humanitaire

Agglutinés autour de la porte et de la fenêtre, les gens attendent patiemment que je soigne ou extrait leurs dents, assis sur une chaise, la tête appuyée contre le mur. Commentaires incompréhensibles pour moi, rires et bonne humeur. Simples cadeaux ou dessins d’enfants en partant. Beaucoup d’émotion pour moi.

Au moment de quitter l’île, qu’on ne peut rejoindre par avion qu’au départ d’Honolulu aux îles Hawaï (à 2 131 km au nord et 3 heures de vol), j’ai tout de même le regret de ne pas être resté plus longtemps afin de mieux explorer le lagon qui se fragmente en un réseau compliqué de multiples mares, au milieu d’une végétation rase et peuplée d’une multitude d’oiseaux. Mais surtout, je conserve le souvenir d’instants magiques, irréels, celui des cocotiers qui chantent…

Au lever et au coucher de soleil, des jeunes hommes grimpent au sommet des arbres pour en recueillir la sève dans des calebasses. Là, ils ne peuvent s’empêcher de chanter, de siffler des mélodies improvisées qui, d’arbre en arbre, gagnent toute l’île avant que le vent ne les emporte.

Vers d’autres mondes.

Texte et photos Henri Eskenazi

www.henrieskenazi.com

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